Nos projets Brestois
DISTOK
« Optimisation des réglages de l’oxygénothérapie haut-débit au cours des détresses respiratoires hypoxémiques, en fonction de la mesure sans contact des volumes pulmonaires par caméra de profondeur »
Investigateur Principal de notre centre, et coordonnateur national : Dr Bodenes
L'objectif de cet essai clinique est de valider l'intérêt d'une stratégie consistant à ajuster le débit administré dans le cadre d'une oxygénothérapie à haut débit (OHD) en fonction des volumes pulmonaires mesurés à l'aide d'une nouvelle technique, chez les patients en soins intensifs atteints de détresse respiratoire hypoxémique (DRH).
La question principale à laquelle il vise à répondre est la suivante :
« L’utilisation d’une technique de mesure des volumes pulmonaires associée à un ajustement du débit permet-elle de limiter l’intubation chez les patients atteints de détresse respiratoire hypoxémique (DRH) en soins intensifs ? » .
Les participants seront les patients admis en soins intensifs pour une détresse respiratoire hypoxémique (DRH) et nécessitant un traitement par oxygénothérapie à haut débit (OHD).
L’oxygénothérapie haut-débit (OHD) est une technique usuelle de prise en charge des patients présentant une détresse respiratoire hypoxémique (DRH) en réanimation. Cependant, les variations de volumes pulmonaires induits par la mise en route de la technique et les changements de débit chez les patients sont inconnues en routine clinique, en l’absence de disponibilité d’une technique de mesure efficace. Les volumes pulmonaires développés en fonction des débits (« Effet PEP » pour Pression Expiratoire Positive) n’étaient pas évaluables jusqu’à présent, mais il est présumé qu’une augmentation trop importante des volumes en ventilation spontanée (au-delà de 6-8 mL/kg de poids idéal théorique) soit susceptible d’induire des effets délétères de types lésions alvéolaires (« VILI » pour Volume Induced Lung Injury).
La prise en charge des participant sera randomisée (c'est-à-dire déterminée de façon aléatoire) dans le groupe témoin : traité par oxygénothérapie à haut débit selon les procédures standard ou dans le groupe expérimental : traité par oxygénothérapie à haut débit avec ajustement des paramètres ventilatoires en fonction des mesures du volume pulmonaire, obtenues par caméra de profondeur.
406 Patients sont attendus dans cette études, sur 8 Centres français.
Les premières inclusions ont pu être réalisées à Brest.
Les autres centres pourront ainsi prochainement débuter le recrutement.
L’étude devrait se terminer en 2029.
NIPA
« Essai clinique randomisé, en double aveugle et contrôlé : administration de naloxégol pour prévenir les troubles de la motilité gastro-intestinale induits par les opioïdes chez les patients victimes d'une lésion cérébrale. »
Investigateur Principal de notre centre : Dr Aries
Les troubles du transit gastro-intestinal (IGT), notamment la constipation, sont fréquents chez les patients sous ventilation mécanique ; ils touchent jusqu’à 80 % d’entre eux au cours de la première semaine et ont été associés à une aggravation de l’évolution clinique en unité de soins intensifs (USI). Bien que les IGT chez les patients gravement malades soient multifactoriels et que certains de leurs aspects soient dus à la complexité de la pathologie, de plus en plus de données indiquent que les opioïdes exogènes contribuent à la dysmotilité intestinale. Les sédatifs, et en particulier les opioïdes, sont largement utilisés chez les patients atteints de lésions cérébrales pour contrôler la pression intracrânienne, réduire le métabolisme, prendre en charge ou prévenir les crises épileptiques, et améliorer la synchronisation avec la ventilation mécanique. Par conséquent, les patients atteints de lésions cérébrales sont particulièrement exposés au risque de développer un IGT. La survenue d’un IGT est associée à des issues défavorables en unité de soins intensifs. Le reflux gastrique et l’altération des contractions péristaltiques sont tous deux associés à la pneumonie acquise sous ventilation mécanique. Le véritable défi consiste à prévenir les troubles de la motilité avant qu’ils ne surviennent. Une stratégie préventive pourrait à son tour réduire l’incidence des complications liées à un transit gastro-intestinal altéré, telles que la pneumonie acquise sous ventilation mécanique, la bactériémie, etc. Elle pourrait également réduire les complications liées à l’intolérance alimentaire et, par conséquent, diminuer la morbidité et la mortalité en soins intensifs. Le naloxégol est un dérivé du naloxol, lui-même dérivé de la naloxone, et un antagoniste des récepteurs opioïdes µ à action périphérique. Contrairement à la naloxone, le naloxégol présente une très faible pénétration dans le système nerveux central ; il pourrait donc constituer une option pertinente pour la prévention de l’iléus sans risque d’altération de la sédation.
L'objectif de cette étude est d'évaluer l'efficacité de l'administration du naloxégol sur l'apparition précoce de la constipation et de la pneumonie acquise sous ventilation mécanique chez les patients victimes d'un traumatisme crânien recevant des opioïdes à des fins d'analgésie-sédation.
Le recrutement de cette étude est terminé (49 patients pris en charge à Brest y ont participé) et nous espérons pouvoir vous communiquer rapidement les résultats !
INASED
"Stratégie de sédation inhalée comparée à une stratégie de sédation intra-veineuse chez les patients de réanimation traités par ventilation mécanique invasive"
Investigateur Principal de notre centre : Dr Bailly
L'objectif de cette étude est de déterminer l'impact sur la fréquence d'apparition du délirium d'une stratégie de sédation précoce par voie inhalée (dès l'induction en séquence rapide en cas d'intubation en soins intensifs, ou dès l'admission en cas d'intubation préhospitalière) à base d'isoflurane, à l'aide d'un système de type ANACONDA™, par rapport à une stratégie de sédation intraveineuse classique.
La sédation-analgésie est utilisée chez la plupart des patients sous ventilation mécanique (VM). La sédation habituelle à base de benzodiazépines et de morphine réduit la douleur et l’anxiété et permet de tolérer les procédures invasives en soins intensifs. Ces molécules, utilisées dans le cadre du protocole de titrage de la sédation ou du protocole d’arrêt quotidien de la sédation, ont amélioré les résultats cliniques des patients. Bien que nécessaires, ces médicaments, par des mécanismes encore incertains, favoriseraient l’apparition d’un délire de réanimation. Ce délire est lui-même responsable d’une aggravation de la morbidité et de la mortalité (allongement de la durée de la VM, allongement de la durée d’hospitalisation, augmentation discutée de la mortalité, séquelles cognitives à long terme). Cette constatation a favorisé l’utilisation de nouveaux médicaments dans les stratégies de sédation des patients sous ventilation mécanique. La dexmédétomidine a par exemple réduit le nombre de jours de délire, le nombre de jours de coma et même la mortalité chez les patients septiques. Son utilisation à grande échelle a toutefois été remise en question par une étude récente. Les gaz halogénés sont utilisés depuis longtemps en anesthésie. Leur pharmacodynamie, leurs effets bénéfiques et indésirables, ainsi que leurs marges thérapeutiques sont bien connus. Grâce aux innovations techniques, ils peuvent désormais être utilisés sur les respirateurs de réanimation. Plusieurs études menées sur des populations ciblées ont démontré la faisabilité et les avantages de cette utilisation, notamment l’absence d’accumulation, l’absence de tachyphylaxie, la large marge thérapeutique, la faible variation interindividuelle, la rapidité d’action et la rapidité du réveil. La sécurité d’utilisation pour le personnel soignant est établie. De plus, leur effet neuroprotecteur potentiel en ferait un anesthésique de choix dans la prévention du délire de réanimation.
Intervention/Traitement : Propofol + analgésique vs isoflurane + analgésique
Cette étude multicentrique, débutée en 2020, a permis le recrutmeent de 250 patients, dont 100 pris en charge au CHU de Brest
TFC-SEPSIS
"Evaluation de la quantité d’eau intra-thoracique par la bioréactance durant la phase de stabilisation et de désescalade thérapeutique dans le cadre du choc septique : Etude prospective, multicentrique, observationnelle."
Investigateur Principal de notre centre : Dr Chapalain
En soins intensifs, la gestion des fluides constitue l’un des piliers de la prise en charge hémodynamique. Cependant, une surcharge liquidienne due à une administration excessive et/ou inappropriée de liquides peut être associée à une morbidité ou à une mortalité accrue. Malheureusement, il n’existe actuellement aucun dispositif non invasif permettant de surveiller en continu le volume hydrique au chevet du patient. La bioréactance est une technologie non invasive, rapide et continue, mise au point pour mesurer les compartiments hydriques de l’organisme. Les dispositifs de surveillance fonctionnant grâce à cette technologie semblent prometteurs pour évaluer la surcharge liquidienne en soins intensifs.
L'objectif principal de la présente étude est d'évaluer la corrélation entre la mesure du volume de liquide thoracique (VLT) et d'autres indices pertinents de surcharge liquidienne utilisés au chevet du patient. Les objectifs secondaires consisteront à évaluer l'association entre le VLT et d'autres critères cliniques (dysfonctionnement organique, mortalité et qualité de vie après le séjour hospitalier).
38 patients pris en charge au CHU de Brest ont participé à cette étude, qui s’est terminée durant l’été 2026.